Chapitre 5: Première joute.

 

 

Voici le:  Livre 1, Chapitre 5: Première joute.


 

         Cela faisait plusieurs semaines que l'entraînement avait commencé. Les binômes changeaient, mais souvent, Joey et Mickey restaient ensemble. Parfois, ce dernier s'entraînait avec son frère d'adoption, Lùca. Ces deux-là avaient une relation étrange. Mickey avait souvent besoin de l'accord ou de l'approbation de son frère. Lùca lui semblait plus vieux, plus sage et plus intelligent. Pourtant, le blond était vraiment effacé, ou du moins, souhaitait l'être. Il ne refusait rien à son petit frère. Il ne décidait rien lui-même. Et pourtant, il ne pensait pas moins. Il était tout simplement passif, tandis que Mickey était un actif. Mais un actif pas assez confiant pour décider pour son frère. Il pouvait facilement ordonner à Tommy, voire même à Joey, mais jamais à son frère. Il y avait cette gêne. Sûrement, car ils étaient en fait deux enfants uniques qui avaient été regroupés. Je les avais suivis et avais compris que Lùca, plus vieux, avait doublé des classes, car il ne voulait pas être le leader de la famille. Il voulait laisser cette figure d'aîné à Mickey. Mais celui-ci, bien qu'il eût ce caractère de meneur, gardait du respect pour le plus vieux. Les parents de Mick' n'auraient pas dû adopter un enfant plus grand. Cela aurait pu être un vrai conflit psychologique pour Mickey qui lui aurait valu plusieurs années de thérapie. Pour chaque enfant, c'est difficile de se voir voler la figure d'enfant nique. Avoir un petit frère ou une petite soeur peut provoquer des crises, mais ce n'est rien comparé au vol de la figure d'aîné, alors qu'on a été éduqué pour l'avoir. Mais Mickey n'avait pas été frustré, d'une part parce que son éducation n'était pas terminée, mais aussi grâce au caractère passif de Lùca. 

 

 

         Mickey et Lùca se battaient à deux. Je les supervisai, tout en gardant Tommy et Joey derrière moi, " au cas où ". Néanmoins, ces deux-là étaient surtout ici, car ils me semblaient être les moins capables de se contenir. Aussi, je ne pouvais conseiller Mickey et Lùca si eux s'entraînaient, car le danger de vraies bagarres venait d'eux. Mickey semblait un peu plus musclé que son frère, mais celui-ci était plus rapide et avait plus de stratégie et de lucidité. Les règles du combat étaient simples. Il fallait avoir ses dents quelque part sur le corps de l'autre. Mais dès que ceci était fait, tout devait s'arrêter et celui qui avait perdu devait donner les raisons de sa défaite. Cette fois-ci, ce fut le plus jeune qui atteint le mollet gauche de l'autre. Celui-ci nous expliqua qu'il n'avait en effet pas envisagé l'option du plongeon de Mickey sur lui. Il tira son petit frère et le félicita d'une poignée de main et d'un "torse-contre-torse" primitif qui provoqua un son semblable à la foudre s'abattant à quelques kilomètres. Les quatre jeunes rirent, toujours aussi amusés par leurs nouvelles capacités. Je levai les yeux au ciel, me demandant si leur immaturité cesserait un jour. Je croisai alors le regard de Lùca. Il avait un petit sourire compréhensif, qui semblait me dire qu'il fallait bien qu'il joue ce rôle-là. Il était bien plus évolué que les trois autres, seulement, il ne voulait pas le montrer, et voulait rester dans l'état d'esprit de ses frères. Se distinguer était quelque chose qu'il avait en horreur. C'était dommage, car il aurait pu mener le groupe avec moi. Enfin, il avait sûrement raison, mieux valait ne pas provoquer de jalousies, et les laisser évoluer sans les brusquer. 

 

 

         On permuta les groupes. Lùca prit Tommy comme nouvel assaillant, et commença avec une feinte sur le côté. Joey avait rejoint Mickey et lui demandait comment il avait fait son plongeon. Je ne les regardais plus, ne prêtant plus attention qu'au combat que Lùca maîtrisait. Tommy avait certes de la masse musculaire (pendant sa transformation, la graisse superflue avait alimenté ses muscles), mais il manquait de rapidité et de vivacité, que ce soit physique ou spirituel. Aussi, le combat était équitable, ou du moins, l'aurait été s'ils se battaient à mort. La force de frappe de Tommy aurait provoqué des dégâts plus lourds, mais Lùca serait parvenu à mordre plus souvent. Avec ce style de combats, c'était la rapidité et l'instinct qui étaient récompensés. La créativité aussi, à l'image de Mickey cinq minutes plus tôt. Lùca parait les coups de Tommy tandis que j'entendais de loin Joey demander pour la troisième fois à Mickey comment il avait plongé. Une minute plus tard, Lùca et Tommy s'arrêtèrent. Nous venions d'entendre un cri de rage qui faisait encore écho. Un silence. Le choc nous avait immobilisé. Puis, nous nous retournâmes pour voir Mickey, plongé au sol, ses mâchoires étrangement non alignées. Ses lèvres étaient déformées par un morceau de métal blanc. En fait, il s'agissait d'une partie de la cheville de Joey. C'était lui qui avait poussé ce cri de fureur. Mickey était resté coi, ahuri. Il n'avait pas compris comment il avait pu faire ça à son ami. Mais ce n'était pas fini. Joey, fou de rage, frappa du pied meurtri la tête de Mickey, comme si cela avait été un ballon de football. Mickey fut projeté dans les airs à deux mètres de là. Lâchant sa mâchoire, le bout de cheville forma un arc de cercle pour rebondir à quinze mètres d'eux. Mickey avait réussi à se mettre debout. Les deux Nouveaux-Nés étaient redevenus primitifs et ils s'élancèrent tandis que je criais aux deux autres:

 

 

            « Lùca ! Tommy ! Séparez-les ! »

 

 

         Je courus aussi vers le combat, tandis que Joey, la folie le submergeant surement encore plus que Mickey, se précipita sur son ami, et d'un coup de dent et à la force de ses bras, il arracha le bras droit entier de Mickey. Il finit sa course une dizaine de mètres plus loin. Je me projetai entre les deux et essayai de capter le regard de Joey. Il avait, regardant par terre, relâché le bras de son meilleur ami, pas encore rassasié et prêt pour le deuxième round. Il se lança dans ma direction, m'aperçut alors, mais ne s'arrêta pas. J'avais une expérience de plus de deux siècles en ce qui concernait les Nouveaux-Nés. S'il pensait m'écarter en courant simplement vers moi avec tous ses muscles de vampires néophyte, c'était manqué. J'esquivai facilement sa course et le déséquilibrai pour qu'il tombe par terre. Je ne perdis pas de temps et m'agenouillai sur son dos, prenant ses deux bras pour les immobiliser. Lùca et Tommy avaient rejoint Mickey. Le premier avait attrapé son bras restant, tandis que le second tenait maladroitement sa hanche, regardant dégouté l'épaule nue de son ami. Néanmoins, Mickey ne s'était pas arrêté à cause de ses deux amis. Il avait été arrêté par mon combat. Il était stupéfait de me voir si... facile pour immobiliser quelqu'un d'une force beaucoup plus grande que moi, et de force brute à la folie meurtrière et frénétique. Il était admiratif, se rendant compte que je n'étais pas qu'une simple victime, et que j'avais l'expérience des combats théoriquement perdus d'avance. Son regard se posa en dessous de mes yeux à une trentaine de centimètres. Mes vêtements serrés s'étaient à moitié déchirés lors de mon rapide combat, découvrant ainsi une partie de ma poitrine. Je souris. Les vampires étaient réellement des obsédés. Il fallait bien que cela arrive un jour cependant. Leurs hormones n'étaient pas mortes avec leurs organes. Je sentis Joey qui se calmait. Son souffle se stabilisait, et ses membres se détendaient. 

 

 

            « Lùca, va chercher des morceaux et amène-les moi. Ne vous inquiétez pas. Les vampires sont guérissables. Vous ne garderez plus qu'une belle blessure de guerre. » Puis, à Joey en particulier, « Ne t'en fais pas, Mickey ne t'en voudras pas Ne culpabilise pas, surtout. C'est de ma faute. Je n'aurais pas dû vous laisser sans surveillance. C'est normal, ce qu'il s'est passé. A votre âge, vous ne vous contrôlez pas parfaitement. Mickey n'a pas pu empêcher ses dents de se refermer sur ta cheville. C'était automatique pour lui. Et toi, tu as perdu le contrôle et a voulu te venger. Ce n'est pas votre faute. » 

 

 

         J'avais parlé à l'oreille de Joey, détendant peu à peu mes prises sur ses poignets. Ma voix douce avait fini de le calmer, et lorsque je le lâchai, il s'assit, lentement, le regard porté vers le bas. Un dialogue entre les deux meilleurs amis commença. 

 

 

            « Je suis désolé, déclara Mickey d'une petite voix. 

            — Non ! le coupa Joey. Puis, il poursuivit plus doucement: C'est m...ma faute. Je... je ne suis pas resté immobile comme tu me l'avais dis. J'ai tout provoqué. Je suis désolé, j'ai pété les plombs... Ensuite, j'étais aveuglé, et ma gorge me brûlais... Je suis inexcusable, je suis désolé... il vaut peut-être mieux que je m'en aille... »

 

 

         J'allais réagir, mais fus coupée par Mickey qui se précipita le bras ouvert sur son meilleur ami. S'ensuivit une embrassade "virile", avec la main restante de Mickey qui agita les cheveux de Joey. Son regard ne me quittait pas des yeux. Et puis, il se mit à réfléchir. Je reconnus cette expression. C'était celle d'un vampire qui fouillait dans ses souvenirs d'humains. Ceux-ci se brouillaient avec le temps, et petit à petit, la vie humaine d'un vampire disparaissait de sa mémoire trop parfaite pour garder des souvenirs si imparfaits. C'est ainsi que mon enfance s'était brouillée. 

 

 

         Ma vie humaine n'avait pas été rose, c'est tout ce dont je me souviens encore. Je crois que j'avais une ou deux soeurs, et que j'étais l'aînée, mais cela peut bien être faux, et j'ai pu avoir un grand-frère. Seulement, je ne m'en souviens plus. Quand j'y repense, les souvenirs s'évaporent peu à peu. Il est de plus en plus difficile de se souvenir de ce passage de la vie quand on y repense trop souvent. Je me souviens bien sûr de ma transformation, et de mon réveil auprès de mon créateur. Sinon, rien, ou presque. La nouvelle vie est bien plus fraîche dans mon esprit, tous mes instants de Nouvelle-Née me revenant rapidement et me hantant presque. Mais cette vie humaine... Non, rien. Et cela deviendra la même chose pour Mickey, Joey, Tomme et Lùca. Peu à peu, leurs vies humains leur sembleront loin, très loin. En attendant, Mickey avait une idée, et vue son expression, c'était sexuel et cela ne concernait pas seulement lui et moi. Il voyait en cette idée le moyen de ressouder les liens avec son meilleur ami, et j'en étais ... la dindon de la farce ? Quel misogynie dans mes propos ! Néanmoins, l'expression était bien trouvée... 

 

 

         Je séparai Micket et Joey, Lùca arrivant avec les morceaux, et les faisai s'allonger. Je m'occupais d'abord de Mick'. Son frère me tendis le bras arrachés, et j'appelai Tommy. Penchée sur la plaie, je m'étais positionnée sur le côté épargné, pouvant ainsi regarder d'un meilleur angle le bras amputé. J'avoue volontiers que j'ai toujours été... généreuse. Je sentais Mickey loucher sur ma poitrine, mais continuais à m'occuper de son bras. Celui valide n'était pas plus vivant que l'autre. En effet, j'appuyais mes cuisses contre son bras droit, ce qui l'avait pétrifié. Sans me soucier outre mesure du regard convergent de Mickey, je positionnai son bras plaie contre plaie. Au bout d'un peu plus d'une minute, les tissus s'étaient, à certains endroits, rejoints. J'ordonnai à Tommy de tenir le bras de Mickey comme je le faisais, jusqu'à ce que les deux parties se soient jointes. Ensuite, je partis, au plus grand désespoir de Mickey, pour aller rejoindre Joey. Celui-ci avait aperçu la déception de l'autre, et il gloussa et se moqua de lui. J'attrapai la partie croquée de la cheville inanimée de Joey que Lùca me tenait, et me positionnai bien en face du visage de Joey. Celui-ci se releva sur ses coudes pour "admirer la vue". Mickey émit un claquement de langue qui ne réveilla pas Joey de ses rêves insouciants mais pas innocents. 

 

 

         Quand ils furent enfin réparés, ils se montrèrent leurs belles cicatrices. Tommy me demanda s'ils en avaient beaucoup. Sèche et énervée par leur insouciance, je leur répondis que s'ils continuaient à ne pas m'écouter, ils en auraient sur tout le corps. Malheureusement, cela ne les encouragea pas à m'écouter et ils laissèrent s'échapper ses cris de joie et d'impatience. Toutefois, après avoir regardé ma tête, ils reprirent, tels des écoliers pris en faute, leurs exercices du jour. Tommy avec Mickey et Joey avec Lùca. Tout un chacun s'arrêtait avant de franchir la limite et me récitait ses fautes comme un garçon de huit ans récite la poésie qu'il a réussie à mémoriser. Fier de ne pas avoir à demander aux personnes du premier rang de la lui souffler. Si fier qu'il en perd ses mots, oubliant la poésie un moment en s'imaginant trop fort la fierté de la maîtresse et de sa maman quand il rapportera en A en poésie. 

 

 




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Merci




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Commentaires (2)

1. Focus+ (site web) 09/02/2010

Ah bravo ! Jte félicite, tu as trouvé <333 C'était le petit truc caché du chapitre: il fait 500 mots (au moins) de moins que les précédents !

J'aurais dû essayer de broder, mais bon, j'en avais un peu marre (a) Mais normalement, je me rattraperai avec le sixième, car il traitera de deux moments distants de quelques semaines, donc j'imagine que j'arriverai à rendre ça plus long... et plus savoureux... Enfin, je ne vous en dis pas trop !

Merci encore Brendyy <3333

P.S.: qu'as-tu pensé du chap 4 ?

2. Brendyyy 09/02/2010

La suiteeeeeeeeee *______*
j'adore tout simplement, c'est court mais c'est super <3

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